Malek HADDAD – Je t’offrirai une gazelle – Broché

650.00 د.ج

L’histoire est celle de Moulay l’aman qui parle à sa bien-aimée comme il parle à sa fille et de Yaminata la petite femme tergui qui voudrait une gazelle en guise de cadeau. Moulay par amour pour Yaminata part à la chasse de la dite gazelle mais il laissa sa vie sans pouvoir exaucer le vœu tant chéri par Yaminata; peut-on offrir la liberté? Peut-être pas! Yaminata la femme-enfant n’aura pas sa gazelle mais elle porte l’espoir dans son ventre offert illégitimement et secrètement par Moulay.

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Description

Le roman relate la belle romance entre Moulay et Yaminata, à l’ombre des dunes du Sahara. L’auteur est un poète, un écorché qui ne supporte que la compagnie de M. Maurice, un habitué du troquet qu’il fréquente. Gisèle Duroc est troublée par le texte, mais bien davantage encore troublée par l’auteur.

Très belle construction pour ce roman qui n’a d’exotique que le titre. Le premier chapitre est en fait l’introduction du livre que le personnage écrit. En quelques lignes, il trace le portrait de l’écrivain face à sa feuille, d’une façon qui, si elle n’est pas innovante, n’en est pas moins poétique et délicate. Et tout au long du texte se tisse une image, une idée de l’écrivain. Il est maudit comme au temps des Rimbaud et Verlaine, il est acharné comme l’était Balzac, il est d’ailleurs comme étaient d’ailleurs Desnos et ses acolytes.

De l’auteur du texte, on ne connait pas le nom, à aucun moment. Et c’est toute une théorie littéraire qui s’effondre devant les évidences: « Le manuscrit ne portait pas de nom d’auteur. Ce dernier, un jour qu’il se trouvait en lyrisme commandé, avait affirmé dans une revue que les bienfaiteurs du rêve voyagent incognito. Il se prenait peut-être pour un bienfaiteur du rêve. En vérité il ne comprenait pas cette façon d’agir qui consiste à dire: « C’est moi! » On dit « C’est moi. » Et puis on dit « C’est à moi! » On donne son nom à un enfant. Mais, heureusement, on ne l’appelle que par son prénom. L’hypocrisie patrimoniale que représentait un nom d’auteur sur une couverture le dégoûtait. » (p. 13 & 14)

Le roman offre une vision idéalisée, mais aussi désabusée d’un pays en guerre. L’Algérie n’est pas que le pays des gazelles, des femmes bleues et des onirismes exotiques. C’est aussi un pays marqué par le conflit qui l’oppose au tyran colonialiste, pays qui essaime et perd ses enfants en métropole. Il n’y a pas de descriptions claires de la guerre franco-agérienne, mais les allusions se succèdent et comblent les silences: un contrôle abusif de papiers d’identité, une famille décimée par le typhus, une enfant morte sous le sable, etc. Quelques phrases peut-être sortent du lot, et disent les choses telles qu’elles sont: « Entre Paris et Alger, il n’y a pas deux mille kilomètres. Il y a quatre années de guerre. Il est inutile d’interroger. Ce n’est pas du voyage, ce n’est pas du tourisme. Les trains ne s’en vont plus pour le plaisir de s’en aller. » (p. 98)

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